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Il y a beaucoup de manières d’acquérir de la confiance. L’apprentissage, la maîtrise, le talent, les réussites en sont de bons leviers. Mais il y a aussi beaucoup de manières de ne pas laisser la confiance émerger dans une vie. Cet article est une pensée.

J’ai marché tard,  je porte des lunettes, je ne suis ni introverti, ni extraverti. J’ai des notes moyennes. J’ai un meilleur copain. J’ai 8 ans.

Chaque année dans mon école est organisé un cross scolaire. C’est une course à pied qui réunit toutes les écoles de la ville. Comme beaucoup, l’événement génère en moi du stress, même à cet âge-là. Je suis plutôt du genre à éviter la foule et à vouloir rester chez moi. On m’épingle pourtant ce jour-là, mon dossard avec mon numéro de participant. C’est à ce moment que je réalise le concept de compétition. Je vais devoir courir et me placer parmi tous les autres participants de mon âge.

Sur la ligne de départ, je regarde mes parents qui sont venus filmer la course, j’ai beau leur demander d’arrêter, ils n’écoutent rien. BANG ! Le départ est lancé. Je me fraie une place dans la masse et me laisse porter. Je n’ai jamais vraiment couru jusqu’à ce jour… pourtant je cours plus vite et plus longtemps que bon nombre des participants. Très rapidement, je ne cours plus qu’avec une seule personne et nous faisons une grande partie de cette course côte à côte. Mon voisin est concentré et son regard est très déterminé. Je laisse mon corps courir tout seul en respirant comme un asthmatique.

La course se finit par une boucle de la piste d’athlétisme et d’une entrée dans le stade en ligne droite. nous nous retrouvons dans les 100 derniers mètres, côte à côte. Nous avons tout donné et pourtant, l’un comme l’autre, nous accélérons de plus en plus. J’entends son prénom scandé dans toutes les tessitures, sa famille l’encourage. Dans ce vacarme de fin de course, j’entends vaguement mon prénom, mais je ne suis plus là de toute façon. Je suis en transe, sans en connaître ni la définition, ni même l’existence. Nous ne sommes plus qu’à une dizaine de mètres de l’arrivée quand…

Les résultats

Peu importe qui a franchi la ligne d’arrivée en premier. En tout cas, il sera applaudi, son nom retentira dans les enceintes du stade et il se retrouvera un instant sur la plus haute marche du podium dominant un peu plus son voisin de gauche et encore plus son voisin de droite.

Un événement comme celui-là marque profondément l’inconscient d’un jeune enfant. Cette fierté acquise va nourrir un instant la confiance en construction de l’enfant. Rappelons qu’une des définitions de la confiance en soi, d’ordre général, est la capacité d’être en mesure ou non d’effectuer une tâche, une action donnée. Si demain je suis amené à devoir exposer, devant plusieurs personnes, les avantages et les inconvénients de la mécanique quantique, je n’aurai aucune confiance en moi. Peut-on généraliser pour autant et dire que je manque de confiance en moi ? Bien sûr que non. Et il est même intelligent et prudent d’en manquer sur un sujet qu’on ne maîtrise pas, à moins de vouloir faire une conférence amusante et quelque peu « folklorique ». Un ami me rappelle souvent, à propos de cette notion : « tu préfères être opéré par un chirurgien compétent ou confiant ? ». J’avoue que s’il peut avoir des deux, je me sentirais mieux.

Je pourrais pourtant tout aussi bien vous dire l’inverse.

Bon nombre d’exemples au quotidien et surtout dans le sport, nous montrent qu’avec des croyances positives l’être humain est capable de s’adapter et de mettre à sa dispositions toutes les ressources nécessaires pour atteindre son objectif. Henri Ford avait l’habitude de dire : « whether you think you can, or you think you can’t, you’re right. » traduit par: « Que tu penses pouvoir le faire ou non, tu as raison. » Alors qu’en ait-il, si nous nous persuadons que nous sommes capables, que l’on peut croire en soi, que l’on peut avoir confiance dans des compétences transversales qui nous permettent d’arriver là où personne ne nous attendait. Il n’y a qu’à voir les basketteurs de petites tailles, ils ont su faire de leur défaut, une qualité. Certains n’ont pas les prédispositions physiques et pourtant sont remarquables en équipe de NBA. La confiance qu’ils ont su développer au fur et à mesure des entrainements a été alimentée par leurs succès, ils ont su trouver les ressources pour développer de l’adaptabilité, des performances et de la précision.

Croire en soi devient alors un moteur incroyable, capable de combler ce qui semblait être initialement d’énormes lacunes, en terme de compétence. Ce qui peut sembler être un défaut ou un point faible dans un sport peut devenir une force, parce que beaucoup plus motivant. Pour exemple, toutes les disciplines handisport.

À noter qu’il ne faut pas confondre la confiance en soi avec l’estime de soi qui elle, est liée directement à l’identité, aux valeurs et aux croyances d’un individu. La confiance pouvant cependant apporter à l’estime de soi.

Que se passe t’il pour les autres participants? Seront-ils privés de confiance en eux pour autant ? Il y a bien des manières, bien des disciplines, des domaines dans lesquels un individu peut se réaliser. Tout le monde ne peut pas exceller dans le même. Il n’y a que 3 places sur un podium. Mais si l’important n’était pas tant le podium, mais l’apprentissage, le chemin vers ce podium…

La réalisation personnelle

Le sport est un des biais par lequel un individu peut se réaliser et trouver la reconnaissance dont il a besoin pour se construire au même titre que l’art, les études ou qu’une profession, etc.

L’intérêt de cette réflexion est de percevoir comment nos croyances peuvent être la clé d’entrée, le premier pas dans un cercle vertueux : « je peux le faire » (croyance positive) -> Réussite -> « si je l’ai fait, je peux le refaire » -> « je peux faire autre chose, aussi bien » -> Réussite dans un autre domaine->, etc.

Celui qui pense être incapable n’essaiera même pas. Et s’il essaie, il le fera peut-être de manière défaitiste. Chez Mental Sport, notre travail en tant que préparateurs mentaux, est de modifier les croyances limitantes, parasitant la personne et ainsi de faire évoluer les représentations mentales dévalorisantes en représentations plus réalistes et adaptées à la demande de l’individu.

Ce travail est souvent l’étincelle d’une construction, d’un épanouissement personnel, qu’il s’agisse du sport, comme de la thérapie ou du coaching de vie au sens large. J’aime employer le terme « cercle vertueux », car une fois le travail amorcé, il s’auto-alimente de succès, renforçant la confiance du sportif au fil des expériences.

Inné VS Acquis

On retrouve une nouvelle fois une grande question dans le domaine de l’apprentissage, le duel entre l’inné et l’acquis. Il est bien évident qu’une personne de grande taille avec une forte ossature aura du mal à être un bon jockey et à se réaliser dans ce domaine.

Pourquoi la majorité des basketteurs sont grands ? Étaient ils prédestinés à aimer ce sport ou ce sont ils orientés vers celui-ci parce qu’ils avaient plus de chance de s’y réaliser que dans un autre ?

Une personne peut être de nature chétive, un brin « gringalet ». En travaillant son physique, en acquérant du muscle, transformant ainsi sa force, sa vitesse, sa résistance, etc. lui permettant ainsi de modifier ses résultats sportifs, ses performances personnelles, valoriser son mental, modifier de fait les croyances qu’il pouvait avoir jusque-là sur lui même et ainsi prendre de l’assurance dans un domaine, l’individu dépasse l’inné par l’acquis.

Alors ces croyances… et si vous décidiez de les changer?